La communication de crise trouve ses racines dans des événements marquants de l’histoire, où l’urgence de transmettre des informations claires et coordonnées s’est révélée majeure. Comme l’indique le chercheur en communication James Grunig ( 2011), le tremblement de terre de San Francisco en 1906 a mis en évidence le besoin pressant d’une communication claire et coordonnée pour alerter les populations, diffuser des instructions et soutenir les efforts de secours. De même, les accidents industriels, tels que la catastrophe de Tchernobyl en 1986, ont souligné l’importance de la transparence et de la responsabilité dans la communication pour gérer les informations sensibles et rétablir la confiance du public (Segault, 2017).
Les catastrophes naturelles ou provoquées ainsi que les pandémies, tels que les tremblements de terre, les inondations et les ouragans, les accidents nucléaires, les incendies, les canicules, les glissements de terrain, la multiplication et la virulence des virus, sont autant d’événements dévastateurs qui peuvent causer des pertes en vies humaines, des dommages matériels importants et des répercussions économiques majeures. À cet égard, l’Organisation Mondiale de la Santé souligne l’importance capitale d’une communication efficace et engageante en cas de crise pour sauver des vies, minimiser les dommages et faciliter le rétablissement des communautés.
En outre, comme le rapportent Bendahan et Nader (2022), la pandémie de la Covid-19 a touché le monde entier et a eu des conséquences sans précédent sur tous les secteurs, en l’occurrence le secteur des médias. Durant cette crise sanitaire, le besoin d’information n’a jamais été autant réclamé par le citoyen. L’information est devenue un besoin pour survivre à tel point que l’ONU a même dénoncé la répression de l’information pendant cette pandémie. L’accès à l’information est désormais crucial face à une telle crise. Le rôle des médias de service public n’a jamais été aussi important que dans des situations de crises sanitaires, économiques, sociales dans le monde entier. Des recherches menées sur la communication en cas de crise ont montré que la communication efficace en cas de crise peut réduire le nombre de victimes, minimiser les dommages matériels et accélérer les efforts de rétablissement. En effet, selon Bessières (2020), « la complexité de la communication publique incline à mobiliser des apports théoriques interdisciplinaires des SIC, de la sociologie des professions, de la science politique, des sciences de gestion ». Plusieurs approches théorqiues et pratiques peuvent éclairer cette problématique et établir des pistes de réflexion, des perspectives d’action et des ponts d’interaction entre les chercheurs, les praticiens et les décideurs.